Dans le cadre de notre série dédiée aux filiales de RC group, nous vous proposons de découvrir ANT Conseil, créé en 2010 et membre de RC group depuis 2019. À travers cette interview, partons à la rencontre de Baptiste Essevaz-Roulet, directeur conseil chez A.N.T. Conseil qui contribue chaque jour au développement et au savoir-faire de RC group.
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer votre rôle au sein d’ANT Conseil ?
Je suis Baptiste Essevaz-Roulet, Directeur Conseil chez A.N.T. Conseil, que j’ai rejoint début 2023. Docteur en sciences de formation, j’ai commencé ma carrière en 2000 chez ATDI, éditeur de logiciels de simulation de réseaux radio, avant de devenir consultant en infrastructures télécoms en 2003, d’abord à mon compte puis chez PMP Strategy. Cela fait donc plus de vingt ans que j’accompagne des collectivités, départements, régions, syndicats mixtes, sur leurs réseaux.
Chez A.N.T. Conseil, j’interviens sur les deux volets qui font l’identité du cabinet : la fibre optique, avec de l’assistance à maîtrise d’ouvrage auprès de collectivités propriétaires de réseaux d’initiative publique, le suivi de leur exploitation et l’élaboration de schémas locaux de résilience ; et la radio pour l’Internet des objets, avec la modélisation de couverture LoRaWAN et l’accompagnement de projets de réseaux privés. Concrètement, je pilote des missions de bout en bout, du cadrage du besoin avec le client jusqu’à la restitution, en m’appuyant sur nos chargés d’études et nos développeurs.
Pour quelqu’un qui ne connaît pas ANT Conseil, comment présenteriez-vous l’entreprise ?
A.N.T. Conseil est un cabinet de conseil en aménagement numérique des territoires, créé en août 2010 et installé à Dourdan, dans l’Essonne. Nous sommes une dizaine de personnes – direction senior, chargés d’études, développeurs et une équipe administrative – spécialisées dans les aspects techniques et économiques des infrastructures constitutives des réseaux fibre optique et radio. Nos clients sont très majoritairement publics : Régions, Départements, syndicats mixtes, collectivités d’outre-mer, agglomérations, mais aussi des acteurs institutionnels comme l’ANCT, l’Arcep, la Banque des Territoires, l’Autorité de la concurrence, France Stratégie ou l’Avicca. Notre place est du côté de la maîtrise d’ouvrage publique : nous apportons une expertise indépendante et nous aidons les acteurs publics à transformer des sujets techniques complexes en décisions et en actions concrètes.
Quelques ordres de grandeur résument notre activité : plus de 3 millions de prises FttH conçues au travers de schémas d’ingénierie, soit près de 10 % des prises déployées en France, une vingtaine de procédures de délégation de service public FttH accompagnées, plusieurs dizaines de marchés publics, et plus de 150 000 poteaux basse tension audités.
Quelles sont les principales expertises qui font aujourd’hui la force d’ANT Conseil ?
Nous maîtrisons les infrastructures passives fibre et radio, les réseaux FttH et LoRaWAN, l’audit des infrastructures, la géomatique et l’analyse de données territoriales. Je commencerais par l’ingénierie FttH, qui est notre socle historique : schémas d’ingénierie, contrôle des études de déploiement, puis contrôle de l’exploitation des réseaux. Ensuite, l’assistance à maîtrise d’ouvrage sur les montages contractuels – DSP, marchés publics – où nous apportons la dimension technique et économique.
Viennent ensuite des expertises plus récentes, qui répondent à l’évolution des besoins de nos clients. Les schémas locaux de résilience, d’abord : nous avons été parmi les premiers en France à en réaliser pour des réseaux publics, sur la base du guide méthodologique de la Banque des Territoires. L’audit en masse des infrastructures aériennes, ensuite : des campagnes d’imagerie 360° géolocalisée qui permettent de caractériser chaque appui – état, occupation, conformité – à l’échelle d’un territoire entier. Et la radio, enfin, avec la modélisation de couverture LoRaWAN, la conception et l’optimisation de réseaux IoT, et le contrôle de leur déploiement.
Le fil conducteur, c’est la donnée géographique : toutes nos missions reposent sur des analyses SIG, et nos développeurs construisent des outils de traitement de données en masse. C’est ce qui nous permet de passer d’un avis d’expert à un diagnostic chiffré et vérifiable.
Quel type de problématique vos clients viennent-ils chercher chez vous qu’ils auraient du mal à résoudre autrement ?
Le cas le plus typique, c’est une collectivité propriétaire d’un réseau fibre confié à un opérateur privé, qui détient l’essentiel de l’information technique. La collectivité a besoin de savoir si son délégataire respecte ses engagements, si les données qu’il lui transmet sont fiables, ce que vaut réellement son patrimoine, et comment préparer les échéances du contrat. Rétablir cet équilibre d’information demande à la fois une compétence technique pointue et une totale indépendance vis-à-vis des opérateurs.
Il y a aussi des sujets qui requièrent des outils et un savoir-faire dédié : vérifier l’état et l’occupation de dizaines de milliers de poteaux, par exemple, ce qui permet parfois de mettre au jour des occupations sans droit et d’engager des régularisations. Ou encore anticiper la tenue d’un réseau face aux tempêtes, aux actes de malveillance ou aux erreurs d’intervention, et chiffrer les travaux prioritaires pour la sécuriser.
Côté IoT, beaucoup de collectivités nous sollicitent pour dimensionner un réseau LoRaWAN pour la gestion de l’eau, de l’éclairage ou des bâtiments, savoir combien de passerelles installer, où, et pour quel coût d’investissement et d’exploitation. Nous leur permettons de dimensionner leur projet et de rédiger leur cahier des charges avant de s’engager auprès d’un industriel.
ANT Conseil fait partie de RC group : quelle complémentarité existe entre vos expertises et celles des autres entités du groupe ?
RC group couvre l’ensemble du cycle de vie d’un réseau : ingénierie, déploiement FttH, raccordement final, exploitation-maintenance, contrôle et qualité. A.N.T. Conseil, qui a rejoint le groupe en 2019, en constitue la brique conseil, en amont, du côté des donneurs d’ordre publics.
La complémentarité joue dans les deux sens. Le groupe nous donne un accès direct à la réalité du terrain : les coûts réels d’intervention, les conditions concrètes de raccordement et de maintenance, les difficultés rencontrées sur les chantiers. Cela rend nos recommandations plus réalistes, par exemple lorsque nous chiffrons un plan d’action de résilience ou que nous évaluons la qualité d’exploitation d’un réseau. À l’inverse, nous apportons au groupe la lecture du maître d’ouvrage public : sa réglementation, ses procédures d’achat, ses attentes en matière de contrôle.
Enfin, nous combinons souvent nos expertises pour réaliser des missions qui allient expertise terrain et analyse en bureau. Notre proximité garantit la totale confiance dans notre partenaire, indispensable pour mener à bien des missions aux enjeux souvent très sensibles ou à la complexité élevée.
Si nous refaisons cette interview dans trois ans, qu’aimeriez-vous pouvoir nous dire sur le chemin parcouru par ANT Conseil ?
Que nous aurons réussi le passage de l’ère du déploiement à celle de l’exploitation. Dans trois ans, la fibre sera généralisée et la fermeture du réseau cuivre d’Orange, prévue d’ici fin 2030, sera bien engagée : les collectivités n’auront plus à construire leurs réseaux, mais à les faire vivre, à en contrôler la qualité et à les sécuriser. J’aimerais qu’A.N.T. Conseil soit devenu la référence sur ces sujets – contrôle d’exploitation, résilience, valorisation du patrimoine – comme il l’a été pour l’ingénierie des déploiements.
J’aimerais aussi que l’IoT soit devenu un véritable second pilier, avec des réseaux LoRaWAN territoriaux que nous aurons aidé à concevoir et qui seront en service, et que nos outils d’analyse de données en masse, notamment pour l’audit des infrastructures aériennes, aient changé d’échelle. Enfin, que l’équipe ait grandi en conservant ce qui fait notre réputation depuis plus de quinze ans : l’exigence technique et la neutralité.